L’alcool, ce n’est pas de la drogue.

Comme le cannabis et la cocaïne, l’alcool est une drogue. Même si elle est légale.

L’alcool est une substance qui agit sur le cerveau et peut générer une dépendance. Ce sont les caractéristiques principales des drogues. À 15-16 ans, 9 individus sur 10 ont déjà expérimenté l’alcool.

La majorité des consommateurs boit de l’alcool de façon occasionnelle, festive, ou modérée. Il arrive aussi d’en faire un usage abusif. Une consommation régulière et prolongée peut entraîner une dépendance psychologique et physique.

 

Un verre d’alcool c’est bon contre le stress.

Un verre d’alcool peut détendre mais n’agit pas sur les causes du stress.

La consommation d’alcool peut procurer une détente passagère. Mais elle n’agit pas sur les vraies causes du stress : notre environnement et nos comportements. Boire régulièrement pour contrer le stress, c’est risquer d’en prendre l’habitude.

Progressivement il faut boire plus pour avoir le même effet et une sensation de détente. Une dépendance risque alors de se développer.

 

Le cannabis n’est pas dangereux car il n’entraîne pas de dépendance.

Tout usage de drogues, qu’il s’agisse de tabac, d’alcool ou de drogues illégales comme le cannabis, comporte des risques.

Un usage de cannabis, régulier ou quotidien peut entraîner une dépendance psychologique et parfois physique chez certains consommateurs. Cette probabilité de dépendance augmente avec la quantité consommée, la durée et surtout la fréquence de la consommation.

Commencer à fumer du cannabis très jeune augmente également le risque de dépendance.

 

Le cannabis, tous les jeunes en fument.

On a parfois l’impression que tous les jeunes fument du cannabis mais c’est loin d’être le cas.

Les différentes études se recoupent pour indiquer que moins d’un quart des jeunes de 15-18 ans a essayé ce produit au cours de l’année écoulée. La plupart de ceux qui l’essayent arrêtent rapidement.

Même si la consommation n’est pas aussi répandue que l’on croit souvent, cela reste important d’en parler avec les adolescents, en famille et à l’école.

 

Au moins, avec l’alcool il n’y a pas d’overdose.

L’overdose d’alcool existe bel et bien.

Des personnes qui boivent de grandes quantités d’alcool en peu de temps (binge drinking), par exemple lors d’une fête, peuvent perdre conscience.

C’est le coma éthylique, qui impose une hospitalisation immédiate car il peut entraîner la mort par arrêt respiratoire. L’abus d’alcool est dangereux, ce produit doit être consommé avec modération.

 

Si les jeunes se droguent, c’est parce qu’ils ont de mauvaises fréquentations.

De mauvaises fréquentations ne sont jamais l’unique cause de consommation.

Il arrive que des jeunes choisissent des amis consommateurs. Certains peuvent se sentir obligés d’essayer pour faire partie d’un groupe. Il est important d’en parler avec les jeunes, de les aider à se forger leur propre opinion et de la défendre. Mais les jeunes expérimentent aussi l’alcool ou des drogues pour d’autres motifs : recherche de plaisir et de sensations, braver l’interdit, etc. Là aussi il est important de rester à l’écoute, de dialoguer, pour garder le contact et interroger les motifs de ces consommations.

 

Pour arrêter l’alcool ou la drogue, il suffit de vouloir.

Pour décrocher de la drogue ou de l’alcool, il faut bien sûr le vouloir.

Mais cela ne suffit pas toujours. Certaines personnes ne pourront pas « s’en sortir » seules et auront besoin d'une aide extérieure.

En fonction du type de drogue consommée, des situations (entourage, personnalité, …), de l’ampleur et de la durée de la consommation il faut faire appel au soutien des proches ou demander l'aide de professionnels.

 

Alcool + ecstasy = double plaisir.

Mélanger de l’alcool avec d’autres drogues entraîne des risques accrus pour la santé.

Le résultat de cocktails de drogues est imprévisible et dépasse l’effet cumulé des deux produits consommés (1+1 = 3). Dans le cas de l’ecstasy mélangé à l’alcool, on ne se rend pas compte que l’on est saoul.

Sous ecstasy la personne ne ressent pas les effets de l’alcool. Par ailleurs, les deux produits ont un effet déshydratant, ce mélange peut engendrer des conséquences graves allant jusqu’au malaise cardiaque, voire au coma.

 

La drogue, quand on commence, on ne peut plus arrêter.

Seul un usage répétitif pendant une certaine durée est susceptible d’entraîner une dépendance.

La majorité des personnes qui a consommé une drogue illicite a arrêté ou consomme moins d’une fois par mois.

Même chez les personnes dépendantes, bon nombre parvient à arrêter définitivement de consommer. La dépendance n’est pas un phénomène automatique ou instantané.

 

Pas de fête sans alcool.

La fête est possible sans alcool et sans drogues, même si on a trop souvent tendance à les associer.

Nos traditions et certaines habitudes renforcent cette association et nous incitent à boire, parfois plus que de raison. Certaines publicités assimilent également l’alcool à la fête, aux performances sexuelles, etc.

En toutes circonstances, il est toujours possible de faire la fête sans alcool. Même lorsque l’on ne conduit pas ! En cas de consommation, l’abus est toujours à déconseiller.

 

Boire de l’alcool ou fumer un joint, c’est kifkif.

Aux yeux de la loi, cannabis et alcool, ce n’est pas kifkif. Sur un plan de santé ces drogues produisent des effets différents à court, moyen et long terme.

L’alcool et le cannabis sont des drogues, c’est un point commun important. Mais l’alcool est légal tandis que le cannabis reste illégal. Comparer les produits est parfois utilisé pour minimiser sa propre consommation. C’est toujours la drogue de l’autre qui est mauvaise et dangereuse.

En réalité, ce n’est pas sur le produit qu’il faut se centrer mais sur l’usage qu’on en fait ! Tout usage de drogue comporte des risques. Si on veut évaluer la gravité d’une consommation, il faut tenir compte de la quantité consommée, de la fréquence et des contextes de consommation plus que du produit consommé. Bref, comparer alcool et cannabis, c’est la même chose que comparer des pommes et des poires.

 

Si mon enfant est heureux, il ne touchera pas à la drogue.

Il n’y a pas de lien direct entre le fait de toucher aux drogues et le fait d’être heureux ou malheureux.

Un enfant heureux peut être attiré par les drogues par curiosité, recherche de sensation, pression du groupe, envie de prendre des risques, etc.

Par contre, lorsque le jeune rencontre des difficultés dans sa vie (sur le plan familial, émotionnel, scolaire, …), l’usage de drogues peut devenir un moyen d’échapper à une réalité difficile. Le risque d’abus, voire de dépendance, s’en trouve considérablement augmenté.

 

Parler de drogues avec les jeunes, ça peut leur donner envie.

Il vaut mieux affronter la réalité que la fuir.

Le tabou et le silence sur les drogues ne donneront pas moins envie aux jeunes d’en consommer. Aborder cette question de manière posée, claire, comme d’autres sujets de la vie (l’amour, la mort, la sexualité, l’échec …) fait partie de l’apprentissage de la vie, nécessaire pour amener l’enfant à faire des choix responsables.

L’adolescence, période de recherche, d’expérimentation et de tensions, constitue une période critique et le dialogue a des vertus préventives. En résumé, les drogues, il est moins risqué d’en parler que d’en consommer.

 

Le cannabis c’est cool, c’est une drogue douce.

Cool ou pas cool, là n’est pas la question. Il n’y a pas de drogue dure ou douce.

C’est l’usage que l’on fait du produit qui peut être « dur » ou « doux ». Cela dépend des quantités prises, de la fréquence, de la concentration, du mélange éventuel avec d’autres produits, etc.

Et dans certaines situations (surtout en classe, au travail ou au volant), les effets secondaires peuvent poser de réels problèmes : perte temporaire de mémoire, diminution de la concentration, vertiges, somnolence, etc, A côté de cela, le fumeur de haschich ou de marijuana devra peut-être subir d’autres « effets secondaires » négatifs … Avec la justice, par exemple.

 

On commence par un joint, on finit toujours à l’héroïne.

Le cannabis n’est pas le premier pas d’une escalade vers d’autres drogues.

Le cannabis est une drogue et sa consommation peut engendrer une dépendance. Cependant, l’idée selon laquelle le cannabis est le premier pas d’une « escalade » automatique vers des drogues plus dangereuses (cocaïne ou héroïne) est un cliché sans fondement scientifique.

En réalité, seule une petite minorité des consommateurs de cannabis essaiera d’autres drogues. Ce n’est pas le « produit » cannabis qui provoque ce passage mais d’autres facteurs comme la personnalité, les contextes de vie, …

 

La cocaïne, c’est une drogue de riches.

La cocaïne reste chère, mais elle est devenue plus « tendance ».

Depuis quelques années, même si la cocaïne reste chère, ce produit est devenu plus « tendance » auprès d’un public de plus en plus large et de tous les milieux.

La consommation de cocaïne répond à la recherche de fortes performances de notre société. Cette drogue est aussi de plus en plus présente médiatiquement (dans les films, les séries, les pubs …) et bénéficie chez certains d’une image positive parce qu’on l’associe encore au strass et à la fête. Image trompeuse, car c’est une drogue particulièrement toxique qui provoque une dépendance importante.

 

Les drogues, c’est l’affaire de la police.

Face aux causes profondes de la consommation de drogues, une approche purement répressive ne suffit pas.

Le trafic ainsi que les nuisances publiques qu’entraînent les comportements de certains usagers sont du ressort de la police. Mais la problématique des drogues est une question de société touchant des domaines aussi divers que la santé publique, le social, l’économique, et également des notions comme l’interdit, le plaisir, la responsabilité individuelle et collective, …

Elle déborde donc largement de la responsabilité policière et judiciaire.

 

Un monde sans drogues, ce serait bien.

Il y aura toujours des personnes qui consommeront des drogues légales ou illégales.

Les raisons sont nombreuses : se stimuler ou se calmer, s’évader ou faire taire une souffrance, se donner du plaisir, dans un but religieux, ... Les drogues, qu’elles soient légales (alcool, médicaments, tabac ...) ou illégales (marijuana, cocaïne, ...), concerneront chacun d’entre nous, directement ou indirectement, à un moment de notre vie.

Un monde sans drogues, ce serait peut-être bien, mais c’est une illusion.